Navigation en Volga méridionale

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L’équilibre vacille, comme celui d’une corde qui tremble, soufflée par les vents, maintenue entre deux pans, mais qui ne parvient pas à se stabiliser.

Ceci est à l’instar de la météo et du pont de mon bateau.
C’est ce que je ressens lors de ma descente vers Balakovo.

Le temps est d’automne, il ne fait pas très froid.
Il reste encore de belles journées, mais je perçois facilement que tout cela peut changer rapidement. Les temps sur l’eau sont devenus courts. Les matins plus froids et la nuit tombe à dix-huit heures. C’est la course contre la nature et ses conditions.
Mon matériel a aussi souffert après la tempête dans le réservoir de Saratov au large de Dukhnovitskoe.
Depuis que j’ai coupé la corde du pont de mon Narak, afin de libérer mes bagages prises dans les vagues de la Volga, l’équilibre de mon matériel est lui aussi plus sommaire.
Cela dit, je poursuis ma route et me retrouve face au barrage hydroélectrique de Balakovo, qu’il me faut traverser via un portage.

Il me faudra une heure pour transporter le kayak et mon matériel d’un côté à l’autre de la digue.
Pour cela, il faut se faufiler à travers les fossés, les lignes ferroviaires et une route fréquentée par les automobilistes et bus de Balakovo.
Ils me regardent, médusés, portant le bateau à bout de bras, traverser la route pour le remettre à l’eau. Une fois de l’autre côté, la Volga retrouve son cours normal, elle est moins large et le courant peut de nouveau porter le voyageur et sa monture.

Les paysages sont magnifiques.
Pour ceux qui aiment une nature simple, désolée et fruste. C’est une vision de monts découpés par l’érosion du fleuve, des moitiés de collines noyées de sable et parsemés d’une végétation pauvre et rase.
C’est la steppe de la Volga.
C’est dans cet environnement que je fais mes bivouacs, que j’évolue sur des centaines de kilomètres, sans rencontrer de foule.
Un arrêt dans la petite ville de Volsk me permet tout de même un ravitaillement ainsi qu’une photo avec un Lénine élégamment blanc accompagné de roses rouges.

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Cette route continue de filer vers le sud, mais qu’entend t’on par le sud ?
C’est la mer Caspienne, les pastèques et melons sucrés, les kakis délicieux.
Le raisin et le vin du Caucase. Des esturgeons restés en aval du fleuve puisque les barrages leur interdisent de remonter le fleuve.
Des températures plus douces ? C’est une promesse.

En attendant, hier soir, j’ai débarqué à Saratov, ville approchant du million d’habitants.
Le Narak repose au yacht club Edelweiss et je suis accueilli par Maria, Viktor et Alexandre, des amoureux de leur ville et de la Volga.

Je me repose quelques heures à Saratov avant de repartir, et cela, aussi afin de renforcer l’équilibre alliant la force, le mental et le matériel qui me permettra de garder le cap pour la suite de l’aventure.

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